<?xml version="1.0" encoding="iso-8859-1"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/" xmlns:admin="http://webns.net/mvcb/" xmlns:rdf="http://www.w3.org/1999/02/22-rdf-syntax-ns#" xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"><channel><link>http://groupe.matt-elliott.gayattitude.com/</link><title>Drinking songs and faraway notes</title><description>Drinking songs and faraway notes</description><dc:language>fr</dc:language><dc:rights>Copyright 2007</dc:rights><dc:date>2007-12-16T21:54:11+01:00</dc:date><admin:generatorAgent rdf:resource="http://www.gayattitude.com/" /><admin:errorReportsTo rdf:resource="mailto:webmaster@gayattitude.com"/><sy:updatePeriod>hourly</sy:updatePeriod><sy:updateFrequency>1</sy:updateFrequency><sy:updateBase>2000-01-01T12:00+00:00</sy:updateBase><item><title>[olivier1978] Jeunesse musicale</title><link>http://blog.olivier1978.gayattitude.com/20070504114237/jeunesse-musicale/</link><guid isPermaLink="true">http://blog.olivier1978.gayattitude.com/20070504114237/jeunesse-musicale/</guid><description>
Matt Elliott en concert au Tryptique samedi 5 mai


J'ai découvert Matt Elliott en 1997 avec son second album, « Ghost ». A l'époque il signait encore sous le pseudonyme Third Eye Foundation. Comme d'habitude, j'avais déniché ça dans « Magic », ma revue musicale de chevet. Dès que le magazine paraissait, je décortiquais les dernières pages, celles des chroniques, armé d'un crayon, cochant, raturant, annotant. J'adorais faire ça. J'avais tout juste 19 ans, cela faisait alors seulement trois ans que j'avais commencé à sérieusement m'intéresser à la musique et j'avais le sentiment d'avoir mis le pied à la frontière d'un nouveau monde dont je ne percevais que les abords mais dont je pressentais l'immensité. Personne dans mes amis n'était vraiment boulimique de musique, on me faisait bien découvrir quelques nouveautés de temps en temps, mais c'était loin d'être suffisant. Alors comme l'avait été « Le Cinéphage » pour le cinéma, « Magic » me faisait office de mentor sur la question musicale.

Je quadrillais les chroniques de manière très consciencieuse. Dès qu'un nom d'artiste me semblait vaguement familier, je reprenais mes anciens numéros pour retrouver où j'avais déjà pu voir ce nom. De référence en référence, j'établissais des liens entre les artistes. Un groupe qui m'avait échappé un jour pouvait m'apparaître incontournable six mois après. Bref, je me constituais mon encyclopédie musicale dans ma tête. 

Il faut dire qu'en ce milieu d'années 90, la production musicale se prêtait largement à ce jeu de piste. C'était l'époque où la musique électronique se popularisait, beaucoup de nouveaux labels émergeaient, les genres se mélangeaient, il était de bon ton pour les artistes de multiplier les collaborations au sein de « collectifs » et d'adopter des pseudonymes, les critiques musicaux inventaient tous les trois mois de nouveaux courants pour tenter d'y voir un peu plus clair entre le trip-hop, le post-rock, l'electronica ou l'abstract hip-hop. C'était excitant.

A Nantes, le disquaire indépendant où je pouvais espérer trouver mes disques un brin obscurs, c'était « Black &amp;amp; Noir ». Avec l'arrivée de la Fnac, la boutique n'a pas fait long feu. De toute façon, même si j'avais pu réussir à trouver tout ce que je voulais, mon argent de poche n'y aurait pas suffit. Heureusement, j'avais un plan B.

A l'époque, ma mère se rendait environ tous les trois mois à Paris pour accompagner mon père qui y suivait des congrès professionnels. A chaque voyage, je ne manquais pas de lui donner une liste de disques en lui expliquant que si jamais, par hasard, elle passait devant un disquaire, peut-être qu'elle pourrait juste jeter un œil… bref, elle n'était pas dupe et je crois qu'en fait ça lui plaisait assez cette histoire de disques. Sans doute parce qu'elle avait elle-même été disquaire plus jeune. En tout cas, à chaque fois que je lui donnais une liste, j'étais sûr de me retrouver avec quelques nouveaux vinyls à son retour. La plupart du temps, elle allait à « Rough Trade », le magasin mythique de la rue Charonne, fermé depuis. Qu'est-ce que j'aurais aimé la voir, ma mère, à « Rough Trade », donnant ma liste de titres complètements bizarres au vendeur. Je l'imagine : « vous avez ça ? Moi j'y connais rien, c'est pour mon fils. » Je ne la remercierais jamais assez.

Ensuite, je connaissais deux paliers d'excitation (!). Le premier en découvrant les objets. Je me souviens du poids des vynils, de la texture du papier, des pochettes (simples ou doubles ?). Le second plaisir, évidemment, c'était lorsque je posais enfin le diamant sur le 33 tours. Le soir où je recevais mes disques, pas la peine de tenter de me joindre. Je n'étais là pour personne.

Tout ça pour dire que c'est de cette façon que je me suis retrouvé avec mon premier vinyl de Third Eye Foundation entre les mains. Je ne sais plus bien ce qui avait capté mon attention dans la chronique pour que je le « commande » à ma mère. Il faudrait que je la relise. J'imagine qu'il y était mentionné que Matt Elliott vivait à Bristol. Depuis l'émergence de la scène trip-hop, la petite ville paumée de Bristol était devenue un lieu hautement recommandable. Alors c'était sûrement ça, et puis, connaissant « Magic », ça ne m'étonnerait pas qu'ils aient fait une comparaison du style « du My Bloody Valentine oppressant où les rythmes jungle auraient remplacé les murs de guitares ». Ce serait tout à fait leur style. Vu que My Bloody Valentine avait été quelques années avant un choc sans pareil, j'avais du foncer sans réfléchir. Je n'ai pas été déçu. 

Pour les curieux qui voudraient écouter : www.myspace.com/mattelliotandthethirdeye
</description><content:encoded><![CDATA[<div align="center"><img src="http://www.gayattitude.com/photo/o/l/olivier1978/20070504-1826991662463aff966193e.jpg" width="400" height="400" border="1" alt="" title="" /><br />
Matt Elliott en concert au Tryptique samedi 5 mai<br />
</div><br />
<br />
J’ai découvert Matt Elliott en 1997 avec son second album, « Ghost ». A l’époque il signait encore sous le pseudonyme Third Eye Foundation. Comme d’habitude, j’avais déniché ça dans « Magic », ma revue musicale de chevet. Dès que le magazine paraissait, je décortiquais les dernières pages, celles des chroniques, armé d’un crayon, cochant, raturant, annotant. J’adorais faire ça. J’avais tout juste 19 ans, cela faisait alors seulement trois ans que j’avais commencé à sérieusement m’intéresser à la musique et j’avais le sentiment d’avoir mis le pied à la frontière d’un nouveau monde dont je ne percevais que les abords mais dont je pressentais l’immensité. Personne dans mes amis n’était vraiment boulimique de musique, on me faisait bien découvrir quelques nouveautés de temps en temps, mais c’était loin d’être suffisant. Alors comme l’avait été « Le Cinéphage » pour le cinéma, « Magic » me faisait office de mentor sur la question musicale.<br />
<br />
Je quadrillais les chroniques de manière très consciencieuse. Dès qu’un nom d’artiste me semblait vaguement familier, je reprenais mes anciens numéros pour retrouver où j’avais déjà pu voir ce nom. De référence en référence, j’établissais des liens entre les artistes. Un groupe qui m’avait échappé un jour pouvait m’apparaître incontournable six mois après. Bref, je me constituais mon encyclopédie musicale dans ma tête. <br />
<br />
Il faut dire qu’en ce milieu d’années 90, la production musicale se prêtait largement à ce jeu de piste. C’était l’époque où la musique électronique se popularisait, beaucoup de nouveaux labels émergeaient, les genres se mélangeaient, il était de bon ton pour les artistes de multiplier les collaborations au sein de « collectifs » et d’adopter des pseudonymes, les critiques musicaux inventaient tous les trois mois de nouveaux courants pour tenter d’y voir un peu plus clair entre le trip-hop, le post-rock, l’electronica ou l’abstract hip-hop. C’était excitant.<br />
<br />
A Nantes, le disquaire indépendant où je pouvais espérer trouver mes disques un brin obscurs, c’était « Black & Noir ». Avec l’arrivée de la Fnac, la boutique n’a pas fait long feu. De toute façon, même si j’avais pu réussir à trouver tout ce que je voulais, mon argent de poche n’y aurait pas suffit. Heureusement, j’avais un plan B.<br />
<br />
A l’époque, ma mère se rendait environ tous les trois mois à Paris pour accompagner mon père qui y suivait des congrès professionnels. A chaque voyage, je ne manquais pas de lui donner une liste de disques en lui expliquant que si jamais, par hasard, elle passait devant un disquaire, peut-être qu’elle pourrait juste jeter un œil… bref, elle n’était pas dupe et je crois qu’en fait ça lui plaisait assez cette histoire de disques. Sans doute parce qu’elle avait elle-même été disquaire plus jeune. En tout cas, à chaque fois que je lui donnais une liste, j’étais sûr de me retrouver avec quelques nouveaux vinyls à son retour. La plupart du temps, elle allait à « Rough Trade », le magasin mythique de la rue Charonne, fermé depuis. Qu’est-ce que j’aurais aimé la voir, ma mère, à « Rough Trade », donnant ma liste de titres complètements bizarres au vendeur. Je l’imagine : « vous avez ça ? Moi j’y connais rien, c’est pour mon fils. » Je ne la remercierais jamais assez.<br />
<br />
Ensuite, je connaissais deux paliers d’excitation (!). Le premier en découvrant les objets. Je me souviens du poids des vynils, de la texture du papier, des pochettes (simples ou doubles ?). Le second plaisir, évidemment, c’était lorsque je posais enfin le diamant sur le 33 tours. Le soir où je recevais mes disques, pas la peine de tenter de me joindre. Je n’étais là pour personne.<br />
<br />
Tout ça pour dire que c’est de cette façon que je me suis retrouvé avec mon premier vinyl de Third Eye Foundation entre les mains. Je ne sais plus bien ce qui avait capté mon attention dans la chronique pour que je le « commande » à ma mère. Il faudrait que je la relise. J’imagine qu’il y était mentionné que Matt Elliott vivait à Bristol. Depuis l’émergence de la scène trip-hop, la petite ville paumée de Bristol était devenue un lieu hautement recommandable. Alors c’était sûrement ça, et puis, connaissant « Magic », ça ne m’étonnerait pas qu’ils aient fait une comparaison du style « du My Bloody Valentine oppressant où les rythmes jungle auraient remplacé les murs de guitares ». Ce serait tout à fait leur style. Vu que My Bloody Valentine avait été quelques années avant un choc sans pareil, j’avais du foncer sans réfléchir. Je n’ai pas été déçu. <br />
<br />
Pour les curieux qui voudraient écouter : www.myspace.com/mattelliotandthethirdeye<br />
]]></content:encoded><dc:creator>olivier1978</dc:creator><dc:date>2007-05-04T11:42:37+01:00</dc:date></item></channel></rss>